Qui suis-je ?

      C'est sous le soleil de cette tendre terre du sud-ouest, à Bordeaux, que je vois le jour le 7 janvier 1983. Je passe une enfance des plus heureuses dans les environs de ma ville natale puis, dès l'âge de 7 ans, je déménage en Charente. Après un baccalauréat littéraire obtenu au lycée Guez de Balzac d'Angoulême, je commence mes études supérieures en classe préparatoire littéraire, que je poursuis par une licence et une maîtrise de linguistique générale et anglaise à l'université Michel de Montaigne à Bordeaux. Je cultive mon goût (déjà ancien !) pour l'étude des langues et je me forge une solide formation de linguiste. Je me prends de passion pour l'étude des théories linguistiques les plus diverses, comme la linguistique structurale, la linguistique cognitive ou encore les théories de l'énonciation. Mais ce sont surtout la grammaire générative et typologie linguistique qui m'ouvrent des perspectives insoupçonnées pour la compréhension des systèmes linguistiques. Je joins la théorie à la pratique en m'appliquant à étudier le japonais, l'arabe, le suédois, le russe et l'albanais. Je complète ma formation par un master de Français langue étrangère, grâce auquel j'acquiers les compétences nécessaires pour enseigner le français à des étrangers.  

     Mes diplômes en poche, je pars enseigner le français en Écosse, en Jordanie et en Hongrie pendant plusieurs années et dans diverses institutions publiques et privées. Entre-temps, je passe un séjour d'un an au Caire, durant lequel je visite les beautés naturelles d'Égypte et ses antiques monastères. Durant ces quelques années d'exil joyeux, je me saisis, dès que j'en ai l'occasion, de mon sac à dos et je me lance sur les routes d'Europe orientale et du Moyen-Orient pour découvrir de nouveaux pays. Je déguste le tarator bulgare, je me délasse sur les plages d'Israël, je flâne dans les librairies arméniennes d'Istanbul, je vois Matisse à l'Ermitage et je marche, je marche encore sur les routes en attendant le passage du prochain mini-bus ou taxi...



Sur une route égyptienne
   
    
     Fort de toutes mes expériences, aussi précieuses les unes que les autres, je vais à Paris en 2009 pour entreprendre des études en orientalisme. Toutes ces années à l’étranger avaient suscité en moi le désir de comprendre en profondeur les cultures, religions et langues que j’avais découvertes, émerveillé, durant mes nombreux voyages. Je m'inscris alors à l'École des Langues et Civilisations de l'Orient Ancien au sein de l'Institut Catholique de Paris puis à l'Institut orientaliste de l’Université de Louvain-la-Neuve en Belgique. Ma soif d'apprendre ne tarit point : s'ouvre à moi l'étude des civilisations passées et de leur histoire multiséculaire. J'apprends à déchiffrer les textes anciens et je m'initie aux sciences religieuses. J'acquiers une formation dans des domaines aussi divers que l'Orient ancien, l'histoire du christianisme, l'exégèse biblique, la littérature apocryphe, l'histoire byzantine, le judaïsme du second Temple, la Gnose et l'islamologie. Je me passionne surtout pour le domaine de l'Orient chrétien, si captivant par la richesse de ses langues et de sa littérature sacrée. Mon parcours d'orientaliste me permet aussi de mettre à contribution mes connaissances en linguistique pour m'assurer une solide formation dans les langues suivantes : latin, grec, arabe, guèze, vieux-slave, arménien, géorgien, araméen, copte, hébreu et syriaque. 

         Enfin, je me prends d'un intérêt tout particulier pour l'étude du guèze, la langue classique et liturgique de l'Éthiopie, ainsi que pour l'histoire de cette civilisation si attachante. Avec mon mémoire de master consacré à l'édition et la traduction d'un texte guèze inédit, le Gadla Estifanos, j'approfondis mes connaissances en philologie éthiopienne, que j'ai l'immense privilège de mettre à l'épreuve au cours d’un séjour d'un mois en Éthiopie, en avril 2014, auprès d'un maître de la langue éthiopienne ancienne, le frère Daniel Assefa.

    J'ai terminé une thèse de doctorat en histoire des religions dans une prestigieuse institution de recherche et d'enseignement, l'École pratique des hautes études. J'ai mené à bien une thèse sous la direction de Madame Muriel Debié et Monsieur Rémi Gounelle. Mon travail doctoral porte sur les origines du culte de saint Étienne, le premier martyr du christianisme. Je recherche, j'étudie, je traduis et j’analyse les textes les plus anciens concernant la vie d’Étienne et son martyre en vue de reconstituer la généalogie de son culte du premier au sixième siècle de notre ère. Avec la figure d'Étienne et l'essor de son culte, le christianisme de l'Antiquité tardive prend un visage nouveau. La théologie chrétienne du martyre prend sa forme définitive grâce à Étienne. Jérusalem se dote de prestigieux sanctuaires sous le patronage du protomartyr qui deviennent, rapidement, l'enjeu de luttes de pouvoir entre l'impératrice Eudocie et l'aristocrate Mélanie. De pieux personnages s'arrachent les reliques du saint et les disséminent dans tout le monde méditerranéen pour fonder de nouveaux sanctuaires qui marquent durablement la topographie chrétienne de cette époque. S'ouvre alors une nouvelle étape dans les relations entre juifs et chrétiens : la venue du nouveau saint patron en Méditerranée occidentale, incarnée par la translation de ses reliques, fournit un prétexte inespéré aux autorités ecclésiastiques pour combattre les juifs et venger Étienne, lapidé lui-même par des juifs.

       Je suis aujourd'hui professeur d'éthiopien classique (guèze) à l'Ecole des langues et civilisations de l'Orient ancien (ELCOA), à l'Institut catholique de Paris, et je poursuis mes recherches dans les domaines de la littérature chrétienne ancienne et de l'Orient chrétien.

     Mes collaborations scientifiques m'ont également permis de travailler sur les manuscrits de la mer Morte. Mon édition et ma traduction du texte hébreu de l'Écrit de Damas, une des plus importantes oeuvres législatives de la communauté de Qumrân, paraîtra prochainement dans le troisième volume de la Bibliothèque de Qumrân aux éditions du CERF. Avec Denis Feissel et Jean Gascou, je participe également à la réédition des papyrus grecs et syriaques du Moyen Euphrate, un ensemble de lettres, pétitions et documents juridiques datant du troisième siècle de notre ère et nous donnant un aperçu exceptionnel sur les institutions romaines de Syrie à cette époque.

      Hormis mes activités strictement scientifiques, je consacre une partie de mon temps libre à mon passe-temps favori, la traduction. Je suis polyglotte et je peux traduire une vingtaine de langues, aussi bien anciennes que modernes. Je m'intéresse tout particulièrement aux textes religieux, historiques, à la littérature classique et la poésie. Je mène actuellement deux projets personnels. Le premier est une traduction française de Lulet'e e verësë ("Les fleurs de l'été"), un recueil de poésies de l'écrivain albanais Naim Frashëri (1846-1900). Sous son apparente verve bucolique, l’oeuvre dissimule en réalité un vibrant appel à un nouveau printemps fleuri, celui de la renaissance (rilindja) albanaise après l'hiver ottoman. Le second projet est une traduction du Risale-ye Haqq-numa, un opuscule soufi en persan du prince moghol Dara Shukoh (1615-1659). Mystique, ami des poètes et miniaturiste, Dara Shukoh est principalement connu pour sa traduction persane des Upanishads et pour son Majma'-ul-baḥrain, un essai de synthèse fascinant entre hindouisme et soufisme.